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Tai Chi Chuan Bruxelles / Poesies chinoises classiques / Li PO

 

Tai Chi Chuan Bruxelles : Poesie chinoise / Li Po

 

 

 

Extraits de

POÉSIES CHINOISES ANTIQUES

traduites par EMMANUEL TRONQUOIS (1855-1918)

Société franco-japonaise de Paris, Bulletin n° 1, Octobre-décembre 1921, pages 1-28, 1 illustration.

  

Né en 1855, M. Tronquois avait débuté comme élève à l’École des Beaux-Arts où il avait été l’objet de distinctions flatteuses, puis il s’était adonné à la peinture et au dessin. Mais en 1883, il s’était mis à apprendre le japonais, et désireux de se perfectionner, était parti pour le Japon comme professeur de français. Successivement employé au Consulat de France à Yokohama (1895-96 — 1900-04), en qualité d’interprète et de chancelier, à notre Légation à Tokyo (1906-09) comme interprète, ses connaissances artistiques lui avaient permis en même temps de faire différents travaux très estimés sur l’histoire de la peinture chinoise et japonaise, et il avait collaboré à la traduction française du grand ouvrage sur l’art japonais publié par la Commission Impériale Japonaise à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900.

 

 

 

APOLOGUE DE LA FEMME FIDÈLE

Heptagrammes à l’antique,

de Cyang-Tsi 

  

Seigneur, votre servante a son époux,

Et vous m’avez offert deux pertes brillantes !

Vos pensers dangereux, seigneurs, m’ont agitée.

Même, ce souvenir, je l’ai cousu sur la robe de gaze rouge que je porte aux grands jours.

La haute maison paternelle auprès du Parc de l’Empereur s’élève.

Mon maître tient la lance au Palais de la Clarté brillante ;

Seigneur votre prudence est haute, je le sais, comme le soleil et la lune.

Mais je sers un mari avec qui j’ai juré de vivre et de mourir !

Ces deux perles que je vous rends, font de mes yeux tomber deux larmes !

Que j’ai regret de ne vous avoir vu quand j’étais encor libre !

 

et voici une autre traduction du même texte par par SUNG-NIEN HSU (1902-19 ?) dans une  Anthologie de la Littérature chinoise des origines a nos jours (1932)

 

Chant d’une femme fidèle (Au seu‑k’ong de Tong-p’ing, Li Che‑tao [1])

 TCHANG TSI (Tchang Wen‑tch’ang )

 

Vous savez que je suis mariée,

Vous m’offrez quand même deux perles brillantes.

Touchée par votre délicat amour,

Je les suspends sur ma veste de soie rouge.

J’habite des hauts pavillons et des jardins infinis ;

Mon mari, lance en main, remplit son service dans le Palais de Clarté.

Je comprends bien que vos intentions sont aussi lumi­neuses que le soleil et la lune,

Mais j’ai juré à mon mari de vivre et mourir avec lui !

Alors, larmes aux yeux, je vous rends vos perles bril­lantes :

Hélas ! pourquoi ne vous ai-je pas rencontré au temps où j’étais jeune fille ?

 


[1] Li Che‑tao était un puissant gouverneur militaire et pensait à la rébellion. Ebloui par le renom du poète, il invita ce dernier à faire partie de sa suite. Le poète, pour refuser, composa ce poème.

 

 

FÊTE AU PALAIS 

Pentagrammes,

de Li-Po

 

La froide neige a disparu des branches des pruniers,

Le doux vent de printemps revient se jouer sur les saules.

Dans le Palais, les rossignols flattent notre désir d’ivresse,

Autour des toits, l’hirondelle bavarde et vole en tournoyant.

Longuement le soleil a lui sur la Salle des Chants,

De fleurs nouvelles sont semés les vêtements de danse ;

Le soir arrive, on relève la Garde aux armures brillantes,

La bande joyeuse s’obstine en sa fête éclatante.

Un vent tiède et parfumé franchit les portières brodées.

L’aube nouvelle a coloré les stores de légère soie,

Les fleurs du Palais, à l’envi, cherchant le sourire du jour,

Dans les bassins, les plantes en secret, ont fait éclore le printemps.

En haut des arbres verts, on entend chanter les oiseaux. Dans les pavillons bleus on voit voltiger les danseuses ;

Au Cyao Yang on est au mois des pêcheurs et des pruniers doux,

Sous les rideaux à fleurs les amoureux s’accolent.

Des saules les souples rameaux semblent être d’or fin,

Les poiriers sont comme chargés d’une neige odorante ;

Au Belvédère de Jade a niché le Martin-pêcheur,

De canards mandarins, dans le Pavillon d’or, un couple s’est enfermé.

Un essaim choisi de beautés, derrière un char sculpté s’avance ;

Une chanson d’appel a retenti dans la suite des chambres. Qui donc est la première au palais ?…

Qui donc ? — l’hirondelle qui vole est l’hôte du CyaoYang !

 

 

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