Partagez !
Share On Facebook

Tai chi Chuan à Bruxelles . Ecole yang . Zhuang Zi 2


ZHUANG ZI et son papillon



Extraits du 2ème chapitre des tablettes Intérieures de (ZHUANG ZI)

Préface, traduction et notes de Jean-François Rollin (1988, ouvrage épuisé)

Sur Zhuang Zi, lire ……


PROPOS VISANT À METTRE EN ORDRE LES ÊTRES ET LES CHOSES

卷一下 第二 齊物論

 

Or, on suit son propre cœur en ce qu’il a de déjà entier, on le prend pour maître — et qui d’ailleurs se passerait de maître ? À quoi bon connaître la modification si le cœur de lui-même, en s’en emparant, la maîtrise ? Le sot s’en accommode. Déclarer que son propre cœur n’est pas obstrué, que l’on distingue entre exactitude et erreur, équivaut à prétendre partir aujourd’hui pour Yue afin d’y arriver hier. Cela revient à prendre l’absence pour la présence. Que l’absence soit présence, malgré Yu devenu émanation, nul n’a le pouvoir de le savoir. Dès lors, comment le moi universel pourrait y remédier ?


La parole diffère du souffle émis, celui qui parle possède en propre sa parole ; ce dont il parle est singulier, n’a rien de défini à l’avance. Finalement possède-t-il en propre sa parole ? ou bien n’a-t-il pas encore goûté à ce qu’a en propre sa parole ? Pour la juger différente du pépiement d’un poussin, a-t-il la faculté de discerner, ou bien ne l’a-t-il pas ?tai chi chuan


Quand donc la Voie s’est-elle obscurcie, laissant la place à l’authenticité et à la fausseté ? Quand donc la parole s’est-elle enténébrée, laissant la place à l’exactitude et à l’erreur ? Comment la Voie a-t-elle progressé pour ne plus subsister ? Comment la parole s’est-elle conservée pour ne plus être possibilité ? La Voie a été effacée à force de succès infimes, la parole a été perdue par l’abondance et le luxe des tournures. Il en a été ainsi avec les Lettrés et les adeptes de Mo Di ; ce que les uns considéraient comme exact, les autres le disaient erroné, ce que les uns affirmaient erroné, les autres le prétendaient exact. Au désir de soutenir comme étant exact ce qui est erroné, et comme étant erroné ce qui est exact, préférons l’illumination.tai chi chuan


Les êtres et les choses ne s’écartent pas plus du ceci qu’ils ne diffèrent du cela. Ce qui à partir du cela demeure inaperçu, depuis le ceci est alors connu. C’est pourquoi il est dit : Le cela sort du ceci de même que le ceci s’appuie sur le cela si bien que le cela et le ceci croissent côte à côte. Quoi qu’il en soit, ce qui s’accroît d’un côté, de l’autre décline, ce qui d’un côté décline, de l’autre s’accroît ; ce qui d’un côté révèle ses possibilités, de l’autre montre ses impossibilités, ce qui d’un côté montre ses impossibilités, de l’autre révèle ses possibilités. Se fonder sur l’évidence équivaut à s’appuyer sur l’erreur, se conformer à l’erreur revient à suivre l’évidence. C’est pourquoi le sage n’emprunte pas un tel sentier, recevant sa lumière du ciel, il se repose sur elle.tai chi chuan


Si le ceci est le cela, le cela est le ceci. Si le cela tient unies l’exactitude et l’erreur, le ceci le fait également. En fin de compte, y a-t-il un cela et un ceci ? ou bien n’y en a-t-il pas ? Le lieu où le cela et le ceci ne sont pas séparés l’un de l’autre s’appelle l’axe de la Voie. Son pivot s’enfonce dans la crapaudine pareille au disque de jade et la porte des rectitudes pivote sans cesse. L’exactitude est l’une de ses deux faces, et elle est sans cesse ; l’erreur est l’une de ses deux faces, et elle est sans cesse. C’est pourquoi il est dit : Mieux vaut avoir recours à l’illumination.tai chi chuan


Notes :


Les Lettrés :

Disciples de Zhong Ni. Zhong Ni est le surnom de Maître Kong ou Kong Fu Zi (transcription latine : Confucius), Qiu son nom personnel.


Mo Di. Ou Mo Zi :

Figure essentielle de la pensée chinoise, il vécut durant la période des Royaumes combattants entre les années 480 et 400 A.C. Il professe l’amour universel et le retour à la simplicité primitive. Être bienfaisant pour le pays et pour le peuple, telle est la norme. Il recommande en outre de craindre le ciel et la déhiscence suprême car nul n’échappe aux émanations et encore moins au ciel. Cependant le ciel justicier s’attache plus spécialement à punir ou récompenser le fils du ciel, seul intermédiaire véritable qui a un pouvoir absolu sur les êtres et les choses. De la sorte, l’égalité entre tous débouche sur l’autocratie et le savoir d’un seul.


La porte des rectitudes :

L’auteur des Tablettes intérieures joue avec le nom de Nan Guo Zi Qi. En effet, on trouve dans le Livre des Odes à la section Da ya le poème Mian où il est dit :

Voici dressée la porte des faubourgs,

La porte des faubourgs, comme elle est élevée !

Voici dressée la porte des rectitudes,

La porte des rectitudes, combien nombreux sont les ordres qu’on y donne !

La porte des rectitudes est ici désignée par le terme ying 應 dont la signification habituelle est tantôt s’adapter, être conforme, tantôt il faut, il est nécessaire. Traduire, comme on le fait, ying par s’appliquer ne convient pas ; car, que signifie que le pivot de la Voie s’applique sans cesse ? Traducteurs et commentateurs ne vont pas jusqu’au bout de l’image de la porte qui s’ouvre et se referme, montrant l’une et l’autre de ses faces. La Voie constitue l’axe, elle n’a pas à se conformer, c’est au contraire tout le reste qui doit se conformer à elle.

 



 


Print This Post Print This Post Email This Post Email This Post

Autres cours au Dojo

Articles & Textes

Cours d’initiation septembre 2015

Partagez !
Share On Facebook

 

Cours d’initiation le 13 septembre de 10 à 13h. Renseignez-vous….